le projet

DÉMARCHE

à la rencontre du vivant

L’Homme éprouve une profonde fascination envers la Nature. Tous deux entretiennent une relation complexe et entremêlée, sujet mythique cristallisé par des attitudes orphiques et prométhéennes. Dans le contexte actuel de crise environnementale mondiale, il est nécessaire de repenser notre manière d’interagir avec la Nature. Si l’art doit être une réponse au défi de l’écologie, Louis Biron questionne aujourd’hui  son efficacité face à l’urgence de notre situation. 

Le regard de l’artiste est avant tout celui d’un artisan d’art,  passionné par la Nature, qui a cherché à déconstruire la culture de l’utilitarisme inhérente à sa pratique et à trouver dans les arts plastiques suffisamment de matière pour pouvoir repenser la manière dont on appréhendait le vivant. Son travail consiste à mettre en place des processus de création qui permettent à la Nature de participer à la réalisation de l’œuvre et à ne plus être le simple sujet de sa représentation. À travers ces systèmes de co-production il tente de révéler son existence en matérialisant son expression et en révélant l’art qui y est inscrit.  Il co-créer des oeuvres semi-humaines, manifeste d’une esthétique coopérationelle, qui abolissent les frontières entre le monde naturel et le genre humain.Sa démarche de co-création est avant tout une introspection centrée sur son rôle de créateur, sa volonté de toute puissance et sa capacité à s’en déposséder. Et pour cause, l’intervention de la Nature n’est pas conditionnée par notre héritage culturel,  elle l’invite à déconstruire son geste et à entrevoir dans l’abandon un acte libérateur.

processus collaboratifs
BIO-INTÉGRATION

" Une question esthétique ressort de ces processus. Les notions de monstruosité, de grotesque, de laideur, de dégoût, largement culturelles, se retrouvent mis en jeu..." LOGÉ, Guillaume. Renaissance sauvage, l’art de l’anthropocène. Puf. 2019. 184 p.

le processus 

STRUCTURANT

Louis Biron s’est d’abord intéressé à un environnement qui naturellement conservait l’empreinte du vivant. La terre s’est révélée à lui comme une évidence. Il a choisi de collaborer avec la faune la plus emblématique de ce milieu, les lombricidés. Son travail artistique consiste à repenser l’objet de l’investigation comme un vivarium afin de dévoiler l’interprétation que les vers de terre en font. Il le dessine en fonction des caractéristiques de l’espèce avec laquelle il collabore et met en place des systèmes qui permettent de l’extraire naturellement. Une fois l’extraction effectuée, il moule l’empreinte qu’ils ont laissé derrière eux. Ce moulage sera envoyé en fonderie d’art afin d’obtenir un tirage en bronze, puis il sera ciselé et patiné.

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le processus 

GRAPHIQUE

Dans un second temps l’artiste s’ est intéressé à un environnement hors-sol permettant de matérialiser l’expression de la Nature. Inspiré par le Bodyart, notamment par Yves Klein, il a élaboré un processus permettant de conserver l’empreinte du vivant grâce à des colorants alimentaires.  Il applique ces solutions colorées sur des individus rampants, appartenant à la famille des gastéropodes, qui sont placés sur une surface poreuse.  La trace laissée par la Nature est intégrée au support lorsque celui-ci présente la particularité d’être durable, ou devient le sujet d’un travail graphique indépendant.

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SAVOIR-FAIRE
processus artisanaux

Le métal est le matériau de prédilection de Louis Biron. Il aime l’idée qu’il puisse immortaliser et intensifier l’expression de la nature et ce, grâce à l’emploi de différentes techniques de monture en bronze, de sculpture, de moulage et / ou de bijouterie. La réalisation de ses projets est soutenue par des méthodes de conception plus contemporaines. Notamment celle de la modélisation polygonale, que l’on nomme plus couramment la sculpture numérique. 

Sa formation à l’École supérieure de l’architecture d’intérieure et du design Boulle lui a permis d’aiguiser un esprit créatif à travers l’expression d’un savoir-faire : la ciselure, couramment définie comme l’ornementation et la sculpture du métal. La ciselure lui permet de déformer le métal en exploitant sa malléabilité. Ses gestes sont lents, orchestrés, précis et soudain épris d’une étrange intensité. Car le métal est une matière exigeante et pleine de contraste. Lucien Falize dira à propos de la ciselure  : « Le ciseleur a le devoir de faire dire au métal ce que le sculpteur n’a pu lui donner ; ce que ni le livre ni la terre ni la cire ni le bois ni le marbre ; cette fleur de l’épiderme, le chairé de la peau, la maille du tissu, les nervures des feuilles, le moiré des fleurs ; tout cet infini délicat qui charme l’œil et donne la couleur et l’esprit à la matière.»

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